Je suis tombé sur cette phrase dans une librairie, en feuilletant un livre d’un moine Shaolin, Shi Heng Yi :
« Il y a deux erreurs sur le chemin du succès : ne pas prendre le départ et ne pas aller jusqu’au bout. »
Ces mots m’ont traversé comme une flèche lente.
Ils m’ont trouvé, moi qui marche, hésite, me relève, cherche encore la forme vivante de ce que je suis venu offrir au monde.
Je les ai lus comme un message. Comme une main posée sur mon épaule.
Car j’ai pris le départ.
J’ai quitté un poste stable. J’ai laissé derrière moi le confort pour créer une école vivante, à ciel ouvert, à même la terre.
J’ai osé mettre au monde des stages, des cercles, des rites de passage. J’ai semé.
Mais aujourd’hui, je suis au seuil.
Celui de l’essoufflement, du doute, de la tentation du repli.
Pas parce que je n’y crois plus. Mais parce que la réalité est rude. Lente. Peuplée de silences et d’attentes vides.
Et cette phrase m’a rappelé : je n’ai pas fait tout ce chemin pour m’arrêter au milieu.
Aller jusqu’au bout ne veut pas dire s’épuiser. Ni s’obstiner. Cela veut dire : aller jusqu’à la vérité de ce qu’on est venu incarner.
J’irai jusqu’au bout.
Pas pour réussir.
Mais pour être entier. Fidèle à l’appel.
Si vous êtes vous aussi entre deux rives, je vous tends la main. Pas pour vous tirer. Juste pour marcher un peu ensemble.
Car parfois, c’est tout ce dont on a besoin pour continuer :
Un regard. Une phrase. Une trace qui dit : Tu n’es pas seul.