J’avais peur. Vraiment. Quelque chose en moi tremblait, reculait, voyait venir le pire. Je croyais que derrière le voile, il y avait un dragon. Un monstre prêt à m’engloutir.
Mais j’ai traversé. Et quand j’ai levé le rideau de cette peur, quand j’ai osé regarder ce qu’elle cachait… il n’y avait rien d’horrible. Juste une petite souris. Fragile. Apeurée elle aussi.
Pas de crocs. Pas de griffes. Pas de feu. Juste une image déformée par mon attente du drame.
La peur agrandit les ombres. Elle les tord, les noircit, les fait danser sur les murs. Mais ce ne sont que des reflets.
Derrière beaucoup de nos frayeurs, il n’y a pas d’ennemi. Il y a juste une émotion délaissée.
Et aujourd’hui, je ne ris pas de cette peur. Je la regarde avec tendresse. Car elle m’a permis de voir la vérité : je suis plus libre que je ne le croyais.
Il n’y avait pas de dragon. Juste une petite souris qui attendait d’être vue sans trembler.