Je m’appelle Christophe.
Un prénom ancien, que l’on traduit souvent par « celui qui porte le Christ ».
Mais au-delà de toute connotation religieuse, il y a là une vérité symbolique qui me suit depuis l’enfance.
Porter. Traverser. Protéger.
Pas au nom d’une gloire, mais d’un élan intérieur.
Depuis toujours, je sens en moi cet appel à guider, à veiller, à garder.
J’ai souvent marché avec des charges invisibles.
Et pendant longtemps, je n’ai pas compris :
Pourquoi moi ? Pourquoi ce poids ? Pourquoi cette solitude parfois, même au milieu des autres ?
Et puis, un jour, j’ai compris que ce fardeau n’était pas une punition.
C’était un flambeau.
Ce que je porte, ce n’est pas une croix.
C’est un feu.
Celui du vivant.
Celui des anciens.
Celui de ceux qui marchent avec le cœur à nu et les mains ouvertes.
Et aujourd’hui, je ne fuis plus ce nom.
Je l’honore.
Je marche debout.
Je suis un porteur de feu.