Ferme les yeux, gardien des forêts,
Pose ton cœur sur la mousse épaisse,
Les étoiles veillent, les vents se taisent,
Et la Terre murmure qu’elle t’aime en secret.

Là-haut, ton frère, léger comme l’aube,
Marche pieds nus sur les cendres douces,
Il te parle au creux des soupirs des branches,
Dans chaque étoile qui danse.

Dors, sentinelle, pose ta peine,
Les gardiens aussi pleurent dans l’obscur,
Mais leurs larmes font fleurir des graines
Qui au matin écloront sans murmure.

Repose-toi, frère,
Aux totems anciens gravés dans la peau,
Tu n’es pas seul — nous sommes à tes côtés,
Loups, ours, et cieux t’enlacent sous leurs flambeaux.