J’ai perdu des amis.
Certains parce que c’était nécessaire — nos routes ne résonnaient plus.
D’autres se sont éloignés sans que je comprenne tout de suite pourquoi.
Et puis il y a eu ceux que la vie a emportés pour de bon,
sans que je le sache immédiatement.
Des absences silencieuses devenues départs définitifs.

Mais à chaque fois,
la vie m’a laissé avec moins…
et avec moi.

C’est ma route.
Faite de luttes.
De larmes.
Parfois de grâce.
Mais jamais de raccourcis.

Je suis comme Sisyphe.
Pas celui qu’on plaint.
Celui qui continue.

La vie semble parfois me dire :

“Fais avec.”
Et peut-être que c’est ça, la clé.
Accepter.
Ne plus négocier avec le chaos.
Mais s’y forger.
S’y retrouver.
S’y épurer.

C’est ce que je vis dans mon entraînement quotidien.
Simple et Sinistre.
Toujours les mêmes gestes.
Rien de spectaculaire.
Pas de promesse de résultat.
Seulement une discipline.

Un socle.
Un ancrage.
Une manière de ne pas me perdre.
De ne pas tout lâcher.

Dans ce chaos,
je ne me bats pas pour gagner.
Je m’entraîne pour rester droit.

Je suis un homme seul parfois,
mais jamais vide.
Je suis plein de feu, de silence et de foi.

Et chaque jour, je pousse la pierre.
Non plus tout à fait comme un condamné.
Pas encore pleinement comme un homme libre.
Mais comme quelqu’un qui apprend, pas à pas,
à transformer la contrainte en champ de possibles.

Note au lecteur

Il y a des jours où la nature ne nous enveloppe pas.
Elle nous confronte.
Des jours où le silence n’apaise pas,
mais révèle l’inconfort, le doute, la fatigue.

Ce texte est né de l’un de ces jours.
Il ne parle pas de forêts vierges, ni de révélations chamaniques spectaculaires.
Il parle d’endurance.
De ce feu qu’on entretient, même sans grande lumière.
De cette pierre qu’on pousse, non par goût,
mais parce qu’on sent, malgré tout, que c’est là que ça se joue.

Sur le chemin, ce n’est pas toujours une marche en paix.
C’est parfois un pas de plus dans la poussière,
le souffle court.