Il y a des moments où même le sacré semble se taire.
Je traversais une de ces périodes.
Un désert.
Pas un désert de silence apaisant —
un désert de frustration.
Je faisais mes voyages chamaniques,
je tapais le tambour,
je posais mes intentions,
et… rien.
Pas d’image.
Pas de message.
Pas de sensation.
Le vide. Le vrai.
Et plus je forçais, plus je cherchais,
plus ce vide se renforçait,
comme une porte qu’on pousse de l’extérieur alors qu’elle ne s’ouvre que de l’intérieur.
Un jour, excédé, j’ai posé cette question à mes animaux de pouvoir, avant un voyage :
“Est-ce que vous m’avez abandonné ? Est-ce que vous m’avez laissé là, seul ?”
J’ai commencé à battre le tambour.
Le son était là.
Mais c’était tout.
Pas de présence.
Pas de souffle.
Juste… moi.
Et mon doute.
Je suis sorti de cette séance encore plus sec,
encore plus en colère.
À quoi bon appeler si personne ne répond ?
Peu de temps après, c’était le nouvel an.
Nous étions partis en Italie,
avec mon épouse, ma belle-mère, mes enfants,
et un couple d’amis.
Un séjour organisé,
traversée de nuit depuis Bastia,
arrivée à Civitavecchia,
puis un moment libre avant le réveillon sur le bateau, pour visiter Rome.
Le matin, pour rejoindre la gare pour Rome,
on nous a mis dans une navette.
Rien de sacré, juste une logistique de groupe.
Le bus roulait tranquillement,
quand, au détour d’une rue,
je l’ai vue.
Une affiche gigantesque sur un mur.
Un enfant.
Et derrière lui, un ours noir.
Debout, les pattes posées sur ses épaules.
Pas menaçant.
Présent. Protecteur.
Comme un veilleur silencieux.
Et là, tout est revenu.
Cette image était la réponse.
Pas dans la hutte.
Pas dans le tambour.
Mais dans la rue.
Dans le réel.
Je n’étais pas seul.
Je ne l’avais jamais été.
Mais j’avais oublié que parfois, les réponses ne viennent pas là où on les attend.
Depuis ce jour, je comprends mieux.
Quand mon mental est trop fort, mes guides changent de canal.
Ils me parlent dans la réalité.
Dans les détours.
Dans les images.
Dans le monde qui m’entoure.
Et j’ai compris une autre chose essentielle :
Même quand on croit qu’il ne se passe rien,
rien n’est plus faux.
La réponse vient.
Toujours.
Et nos alliés de l’invisible ne sont jamais bien loin…